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Le Vitalisme Experimental du "Grown Art"

 

Ma pratique repose sur trois piliers : une recherche matérielle avec la matière organique (technique), une recherche formelle (représentation) et une proposition systémique (performances issues d'installations évolutives autour de la matière en pousse et activées par l'artiste Jodie Williams et d'autres artistes invités). Ces trois aspects sont motivés par un esprit d’expérimentation ; ils se nourrissent mutuellement pour former une corporalité mutative, revisitant notre rapport à l’abject et au sublime, à nos corps, à l’art et à notre environnement.

 

Chaque pièce que je produis provient d'une même mère de SCOBY (Culture Symbiotique de Bactéries et Levures) originelle dont le biofilm de cellulose (matière de la création) s’étend de nouvelle culture en nouvelle culture depuis plusieurs années. Les pièces sont présentées en pousse (dans leurs contenants d’incubation imaginés et construits à cet effet) ; ou stabilisées (séchées post-extraction et n'accueillant plus de vie en leur sein). Il faut environ 3 mois à chaque œuvre viable pour arriver à son terme.

 

Autant « œuvres-finies » qu’ « œuvres-processus », la matière première des  pièces reste la même, mais leurs différentes corporalités mimiquent la plasticité relationnelle de notre monde vivant. C’est pourquoi elle est emprunte des codes visuels de ce qui est invisible à l’œil nu : le tissu vivant qui nous lie tous dans cette mystérieuse danse cellulaire, microscopique et impermanente.

Plastique Plasmatique 

« Je me suis initialement intéressée à la cellulose bactérienne parce que je m’interrogeais sur les liens entre le psychisme et la matière, sur ce que la matérialité biologique et chimique de nos corps raconte, sur les réalités politiques et sociales qu’ils produisent. J’étais fascinée par cette nouvelle science qu’était l’épigénétique et par ces militants qui redessinaient les contours de la politique contemporaine en travestissant l’identitarisme par une biopolitique des corps révolutionnaire (ie. Paul B. Preciado).

» J’étudiais à la School of Visual Arts à New York, j’étais plongée dans des influences de l’avant-garde féministe des années 70 et leurs techniques subversives pour se réapproprier leurs corps et ses représentations, en le montrant de l’intérieur, en accentuant son aspect monstrueux. L’œuvre Cravings, de l’artiste Coréenne Lee Bul a longtemps été une de mes plus grandes inspirations.

 

» En même temps que d’explorer ces questions (comme dans la vidéo It’s Supposed To Be A Loop, 2020), je passais beaucoup de temps au laboratoire biologique de l’école à explorer des créatures sous-marines (m’intéressant à l’idée d’une nouvelle altérité inter-espèce) ou à expérimenter avec les bacs de cultures produisant la cellulose qui est devenue le fer de lance de ma pratique. Il m’a fallu cinq années de recherche et d’expérimentation pour acquérir une certaine maitrise du processus de développement micro-cellulaire, pour intervenir dans ce processus et ainsi réellement cocréer avec les micro-organismes.

 

» Il me semble avoir trouvé une piste de réponses aux questions que je me posais sur le lien entre « psychisme » et « matière » dans l’idée de « communion » : quand plusieurs corps coexistent et se reconnaissent dans un même espace-temps. En développant ces nouvelles matérialités et en les confrontant, moi-même et à un public, je cherche à recréer cette communion entre les corps à différentes échelles (micro/macro) et dans l’immanente multitude de chaque individu. »

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Bio - Iri Berkleid a débuté sa carrière en 2017 avec un premier projet créé lors d’une résidence à R.A.R.O Madrid, Flesh & Stones. Cette œuvre scénographique et collaborative est marquée par l’influence des années qui ont précédé alors qu’elle travaillait comme productrice dans l’Opéra à Londres. Rassemblant danseurs et performeurs et mêlant performance et vidéo, elle a conçu une installation inspirée des thèmes qui guideront dès lors son exploration artistique – le rapport entre le psychisme et la matière.

Iri s’est ensuite formée à plusieurs techniques, notamment de sculpture, de vidéo et d’installation. C’est au laboratoire biologique de la School of Visual Arts à New York qu’elle commence à travailler avec des matériaux organiques, alors qu’elle y étudie pour son Master entre 2018 et 2020.

Avant d’entamer sa carrière artistique, Iri a été diplômée d’une licence de droit puis a étudié la résolution de conflits diplomatiques – notamment les émotions collectives et leurs conséquences politiques dans les conflits inter-ethniques, avant de pratiquer la médiation dans des organisations internationales.

Cette expérience lui a permis de prendre conscience des relations de pouvoir, des structures sociales et des dynamiques de conflits - des thèmes qui animent son art qu’elle conçoit comme des expériences de communion, transcendant certaines barrières culturelles, psychologiques et physiques par leur esprit ritualiste et organique.

Influencée par le surréalisme et s’apparentant aux artistes qui explorent notre contemporanéité d’un point de vue biologique et moléculaire, l’investigation d’Iri part de la matérialité de la cellulose bactérienne (une matière organique issue de Cultures Symbiotiques de Bactéries et de Levures) - dans son acception littérale : les propriétés physiques et physiologiques de ce matériau.

PORTFOLIO

Contact details: 

iriberkleid@gmail.com

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